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Monnaies, médailles, matrices de sceaux… le musée possède une importante collection numismatique.

Monnaies

C’est la collection du banquier Achille Vernier qui fournit la plus remarquable série de monnaies médiévales, enrichissant un fonds comptant déjà plusieurs milliers de pièces. Une suite de superbes exemplaires – certains sont rarissimes – nous invite à survoler l’histoire de Flandre.
Tout d’abord, les deniers d’argent des premiers comtes avec la monnaie de Bauduin V, au Xe siècle : inspirée par le denier carolingien, elle porte l’image stylisée du portique d’un temple.
Le rayonnement commercial des provinces septentrionales au XIIIe siècle est matérialisé par les « gros » de Marguerite de Flandre et les « esterlins » de Guy de Dampierre imitant le penny anglais.
Au milieu du XIVe siècle, cent ans après la France, la Flandre voit le retour de la monnaie d’or avec le florin, imité du type de Florence, à la grande fleur-de-lis, puis l’écu, la chaise d’or, le royal, repris des monnaies royales françaises. Les graveurs flamands vont créer de véritables bijoux ciselés, témoins de l’art gothique à son apogée.
Le lion d’or de Louis de Maele (1346-1389) présente l’animal héraldique de Flandre dans un édifice aux voûtes ogivales.

Avec ses monnaies d’or et d’argent, doubles gros et gros, la monnaie flamande se distingue de l’influence française.
Les ducs de Bourgogne de la maison de Valois, héritiers des comtes de Flandre, continuent cette splendide série aux types originaux et variés, en particulier pour les monnaies d’or. Des ères de stabilité monétaire alternent avec des périodes où de nouvelles frappes sont introduites.
Inauguré sous Jean sans Peur, le « cromsteert », en flamand « queue recourbée », arbore le lion héraldique de Flandre représenté avec cette particularité. Cette nouvelle monnaie est frappée en Flandre, Hainaut, Brabant, Hollande. Le monnayage du XVe siècle est continué par la série des florins d’or, à l’effigie de saint André, patron des pays bourguignons, fabriquée sous Philippe le Bon et ses successeurs, il se termine avec le magnifique grand réal d’argent de 1487.

Médailles

L’art de la médaille a commencé à fleurir en Italie, au milieu du XVe siècle.
D’un format plus grand que la monnaie, la médaille est un pur objet d’art où le graveur exprime son talent par le portrait miniature et en relief.
Au début du XVe siècle, le goût pour la médaille gagne l’Allemagne. Le musée expose le portrait de l’empereur Charles-Quint et au revers les grandes armoiries impériales aux quartiers héraldiques d’Espagne, de Bourgogne et de Flandre, tenues par une expressive aigle bicéphale, œuvre de Hans Reinhart. Plusieurs médailles allemandes montrent les effigies des princes de la maison de Habsbourg.
À partir de la seconde moitié du XVIe siècle, des graveurs originaires du Brabant et de Flandre répondirent à la demande d’une clientèle de souverains et de personnalités. Jacques Jonghelinck grava les médailles au buste du cardinal Granvelle, principal ministre de Philippe II vers 1560 et réalisa la superbe médaille au portrait d’Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas espagnols.

Sceaux

Les matrices de sceaux servent à imprimer une empreinte dans la cire, ce sont des objets rares, généralement en laiton, poinçonnés et ciselés selon la même technique que celle employée pour « tailler » les coins monétaires.
Le sceau de l’abbaye de Mont-Saint-Martin représente la Vierge en Majesté, tenant l’enfant Jésus à qui elle tend une pomme. La scène a la fraîcheur d’une statue médiévale. Fait rare, on retrouve l’empreinte de cette matrice réalisée certainement au cours du XIIIe siècle.

Clin d’œil à l’exposition "Sésostris III, pharaon de légende".
(médailles non exposées).

Illustrations 2. 3. 4. et 5.
Au début du XIXe siècle, Vivant Denon (1747-1825), dessinateur, graveur, conservateur en glyptique et collectionneur, est nommé directeur de la Monnaie des Médailles et du futur Louvre, et remet l’antique au goût du moment. Les médailles de la campagne d’Egypte de Bonaparte illustrent le regain d’intérêt des scientifiques pour l’architecture et les artefacts. Denon a plus de 50 ans quand il embarque à Toulon en 1798 pour suivre le général Desaix, et publie en 1802 le Voyage dans la Basse et la Haute Égypte. André Galle (1761-1844) et Nicolas-Antoine Brenet (1770-1846), ont travaillé sous sa direction ou d’après ses dessins.

En 1822, les collections publiques d’Égypte et de Grèce s’accroissent. Cette impulsion donnée par Louis XVIII s’illustre par la médaille de Joseph Depaulis (1790-1867), marquant la collecte des œuvres financée par le roi pour l’utilité des Beaux-Arts.

Illustrations 2. à 5. :
Buste d’Isis, André Galle
Les pyramides de Gizeh, Nicolas-Antoine Brenet
Bonaparte en char à dromadaires, Nicolas-Antoine Brenet
Rapatriement des antiques grecs et égyptiens sous Louis XVIII, Alexis-Joseph Depaulis.