Attribué à Domenico PANETTI (Ferrare, vers 1460 – ?, avant 1513)
La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Cécile P 781 Huile sur bois, H. 76,5 x L. 54 Achat Morhange, 1887
Le style et le sujet de ce tableau renvoient à l’art de Domenico Panetti, peintre établi à Bologne dans sa phase de maturité, la première décennie du XVIe siècle. La manière douce et sensible visible dans l’attitude rêveuse de la Vierge, la pose naturelle de l’Enfant ou le paysage harmonieux qui s’ouvre à gauche évoquent le classicisme poétique du Pérugin ou de Raphaël. Sainte Cécile, identifiable grâce à son attribut, un orgue positif, est représentée à droite : la patronne des musiciens désigne une partition inscrite sur un cartel. Il s’agit d’un motet, mise en musique d’un psaume dont le texte latin est la clé de cette composition énigmatique : « Fais, Seigneur, que mon cœur soit sans tache afin que je ne connaisse pas la honte ». La sainte au cœur pur est donc une image de la Nativité dépeinte à ses côtés. La restauration de cette peinture à l’huile sur bois, qui l’a dégagée des repeints et du vernis jaune qui l’obscurcissaient, a permis de lui rendre sa lumineuse lisibilité.
Cette restauration a été réalisée grâce au mécénat de Groupama.
Statuette du dieu Amon
Bronze polychrome Provenance : Egypte, Saqqara (?) Basse Epoque (664-323 av. J.-C.) ME 409
Au début du XXe siècle, le Musée du Louvre dépose au Palais des Beaux-Arts de Lille des caisses d’objets provenant de fouilles menées en Egypte, dont un petit torse en bronze. Oublié dans les réserves avec d’autres statuettes du même matériau, il suscite l’attention du conservateur du fait de la présence inhabituelle de résidus sur la surface et de sa qualité plastique.
Une restauration est programmée pour analyser plus finement l’aspect du bronze et préserver tout élément informatif sur l’histoire de l’objet. L’observation sous loupe binoculaire, la radiographie et l’analyse par faisceau d’ions au moyen de l’ accélérateur AGLAE ont décelé que le bronze était une fonte creuse élaborée à partir d’un noyau constitué de plusieurs pièces (torse, deux bras, deux jambes, une tête). Sont également apparus des traces brunes d’enfouissement, des résidus de préparation blanche témoignant de la pose de pigments colorés, et même d’infimes particules d’or et de bleu. Tous ces éléments témoignent d’un bronze polychrome d’excellente facture qu’un fidèle a déposé dans l’enceinte d’un temple ou à proximité d’un lieu de culte en signe de dévotion, comme la pratique en était courante au Ier millénaire. La similarité des concrétions de fouilles de notre statuette avec celles trouvées sur d’autres bronzes conservés au Musée du Louvre et provenant de Saqqara suggèrerait une même origine : les fouilles de Mariette au Sérapéum. Les recherches menées dans les réserves du Louvre ont permis la découverte d’une tête pouvant appartenir au torse de Lille. Des cassures similaires à celles observées au niveau du cou de la statuette confirment cette hypothèse. La décision est alors prise de remettre en place la tête. Et du torse anonyme initial émerge une statuette à l’effigie du roi des dieux, Amon.
L’étude, la restauration et le soclage ont été réalisés par le C2RMF et les restauratrices agréées par les Musées de France, Isaure d’Avout-Greck et Shérérazade Bentouati, grâce au mécénat de Proxiad.
Charles Gauthier Chauvirey-le-Châtel, 1831- Paris, 1891
Cléopâtre, 1880
Statue en plâtre patiné ocre. Inv 2008.0.6.35
La restauration a permis de révéler le véritable auteur du plâtre : ce n’était pas le Lillois Albert Darcq (1848-1895), mais le Parisien Charles Gauthier à la carrière officielle fructueuse.
Puissante et sensuelle, la sculpture relate le suicide de Cléopâtre piquée par un aspic : l’Etat l’acquiert au Salon de 1880, l’expédie à l’ambassade de Tunis, puis la dépose à la préfecture de Lille en 1886 et, enfin au musée.
Longtemps en réserves, le plâtre était très empoussiéré et s’écaillait. La restauratrice l’a dépoussiéré pour débuter ensuite un méticuleux travail de dégagement au scalpel des deux premiers badigeons colorés et atteindre ainsi la couche ocre vraisemblablement originelle, posée sur le plâtre ; les éclats sur la base, les nattes et le corps ont été bouchés ; pour finir, la retouche est venue harmoniser les ultimes petits accidents du plâtre patiné ocre.
La restauration de l’œuvre a été assurée par Sabine Kessler, restauratrice agréée des Musées de France, grâce au mécénat des Eaux du Nord.
James Pradier Genève, 1790 - Bougival, 1852
Satyre et bacchante, vers 1830
Statue en plâtre. Inv Sc 51
Propriété d’un élève de Pradier, Lequesne (1815-1887), l’œuvre est donnée à l’Etat qui l’envoie à Lille en 1889. Satyre et bacchante est une œuvre majeure du musée que l’on soupçonnait être le modèle en plâtre du fameux marbre exposé au Louvre et dont la grande sensualité suscita le scandale au Salon de 1834.
De fait, la restauration fondamentale a confirmé l’hypothèse, le plâtre étant jusqu’alors alourdi par les 3 couches de badigeons posées au fil du temps ; leur dégagement a été long et difficile : il a été pratiqué à l’aide de décapants en gel et en liquide puis achevé au scalpel. Des pointes de clou et des croix au crayon, servant de repères pour la taille du marbre, ont ainsi été découvertes. Les fissures comme celle au niveau du bras droit du satyre ont été comblées et de légères retouches ont harmonisé la surface générale.
La restauration a été entreprise par le groupement de restauratrices agréées des Musées de France, Pascale Klein, Véronique Picur et Anne Liégey sous le contrôle du C2RMF à Versailles avec Axelle Davadie. Cette restauration a été réalisée grâce au mécénat de la B.C.M.N.E., filiale du Crédit Mutuel Nord Europe.
Eugène Valentin Déplechin Roubaix, 1852 - Thiais, 1926
Amphitrite, 1893
Statue en marbre. Inv Sc 33
La déesse de la mer pose avec coquetterie et langueur, un dauphin pour attribut, s’ébattant sous ses pieds : la statue vaut à l’artiste une médaille au Salon de 1893. Le modèle en plâtre est exposé au musée de Roubaix. Fixé à Lille, Déplechin connaît une brillante carrière que couronne Le Petit Quinquin, son œuvre la plus célèbre destinée au Monument à Desrousseaux, en 1902 (square Foch, Lille) : la douceur du modelé, la tendresse des traits marquent ces deux effigies féminines.
Amphitrite dormait dans les réserves du musée sous une couche de poussière, les chevilles cassées comme la queue du dauphin. La restauration s’avérait délicate : une fois dépoussiérée, la statue a été soulevée à l’aide d’une tour de levage afin d’emboîter de solides goujons au niveau des chevilles et la cassure de la queue a été bouchée. Le marbre a été ensuite nettoyé à l’eau.
La restauration a été assurée par Daniel Ibled, restaurateur agréé des Musées de France, grâce au mécénat des Eaux du Nord.














